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(2/2008)
À 37 ans, le Néerlandais Léon Berben
n'est pas à proprement parler un nouveau venu. Après avoir
suivi un brillant apprentissage auprès de Bob van Asperen,
de Ton Koopman et de Gustav Leonhardt - excusez du peu -,
il devient au début de l'année 2000 le claveciniste du Musica
Antiqua Köln de Reinhard Goebel. Inféodé à un répertoire
qui s'étend de 1550 à 1750, il voue une véritable passion
à Jan PeterszoonSweelinck, un compositeur et organiste célèbre
à Amsterdam, dont l'œuvre pour clavier présente beaucoup
d'affinités avec celles des virginalistes anglais. Il n'est
donc pas étonnant de le retrouver à la tête d'un programme
de pièces pour orgue du grand Maître du clavier de l'Angleterre
élisabéthaine, William Byrd. Évoquer cette musique consisterait
à dire que son efficience repose sur sa pureté et qu'elle
ne doit en rien à la sophistication. Au contraire, elle
est plutôt redevable à l'intelligence et à la sérénité qui
lui octroient une juste place entre la rigidité et la liberté.
Cela dit, ce programme est exempt de toute platitude. Comment
pourrait-il ne pas en être ainsi avec l'éclairage que lui
apporte Léon Berben ? L'organiste joue subtilement sur les
contrastes de la musique, l'éclairant d'une lumière aux
températures de couleurs d'une belle amplitude, mais sans
excès ; la froideur et l'excentricité y étant pour toujours
bannies. Aussi, en remettant son sort à la mécanique complexe
de l'orgue historique de l'église d'Oosthuizen (l'un des
plus anciens d'Europe), il lance le pari qu'en dépit de
sa petite taille, l'instrument est capable d'afficher une
palette sonore digne de l'écriture de Byrd. En cela, le
résultat musical lui donne raison. D'ailleurs, la prise
de son nous le confirme avec une excellente restitution,
extrêmement juste et équilibrée, aérée et agréablement réverbérée.
L'orgue dans sa Renaissance ou le XVIe siècle dans toute
sa splendeur.
T. Hervé
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