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Diapason
n° 535 (Avril 2006)
Hassler - Ich gieng einmal spatieren
Les frères Hassler ont connu
un destin musical enviable. Hans Leo est devenu directeur
musical à Nuremberg et Dresde, Jacob organiste à
Prague. Les uvres de ce dernier explorent intensivement
les genres en vogue à l'aube du XVIIe
siècle : le Ricercare, la Toccata de clavier et la
Canzone. Sans trouver la sensualité ambigüe
et la fantaisie de l'école italienne, sa maîtrise
des formes est cependant achevée. Léon Berben
aborde ces pages avec un souci d'objectivité remarquable,
un toucher sûr et clair. Il ne tente pas de les parer
d'une expressivité déplacée et fait
davantage confiance au coloris instrumental et aux textures
sonores qui se dégagent naturellement de l'écriture.
Sur le plan des couleurs nous sommes gâtés.
Le splendide et singulier Patavinus de 1561 conservé
à Munich est un instrument fascinant; le mélange
des huit et quatre pieds est de toute beauté, le
seul quatre pieds (Canzone) est incroyablement timbré
et chantant.
La monumentale série de variations
composées par Leo Hassler sur la chanson Ich gieng
einmal spatieren donne toute la mesure des possibilités
musicales de l'instrument et des ressources du claveciniste.
La durée de l'uvre (plus de quarante minutes
pour une trentaine de variations) fait traverser une impressionnante
technique d'écriture qu'on cherchera en vain dans
la littérature contemporaine. Comme à l'orgue
(cf. Praetorius, n° 524), Léon
Berben a le souffle nécessaire à une partition
d'une telle ampleur; il partage au clavecin le même
sens des proportions, une probité discrète
mais efficace.
Philippe Ramin
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